Schedel , Hartmann
Registrum huius operis libri cronicarum cu figuris et ymagibus ab inicio mund
Nuremberge impressit : Anthonius Koberger , 1493
[19 f.], CCXCIX f., [6 f.] : ill. gr. s. b. ; in-2
Au colophon : "... Ad intuitu autem z preces prouidoru ciuin Sebaldi Schreyer z Sebastiani kamermaister hunc librum dominus Anthonius koberger Nuremberge impressit... Consummatu autem duodecima mensis Julii. Anno salutis nre. 1493"
Incunable
Lire la notice de Philippe Hoch, BM de Metz, sur le Liber Chronicarum
Rousseau, Jean-Jacques (1712-1778).
Emile, ou de l’éducation. – [Contrefaçon].
Amsterdam : chez Jean Néaulme, libraire, 1764.- 4 vol. In-8
Lire la note d'Eric Mougenot de la BNF sur le contexte de publication de l'Emile
Jacques de Voragine (1228?-1298). Auteur
[Legenda aurea (français moyen). 1493]
Legende doree en françois imprimee a paris.
Paris : Antoine Vérard, 1493.CCXCVI f. ; in-fol.
Incomplet du f. 197 signé Ai ; le f. 198 est folioté 218 ; le f. 199 est folioté 219.
Variante au colophon : de Íprimer a Paris ceste presente legĒde en // francois le. ii. de iung mil. cccc. iiii xx. z xiii // pour Anthoine Verard lebraire demourãt // a pis sur le põt nostre dame à limage saít // iehã leuãgeliste ou au palais au Pmier pil // lier deuant la chapelle ou onchante la mes // se de messeigneurs les presidĒs // -Curé de Brezé, 1841 (ou 1821)
Une tradition chrétienne ancienne, probablement médiévale, a très tôt considéré les Rois mages comme une allégorie des trois âges de la vie. Cependant, dans l’Evangile de Matthieu (Mt 2, 1-12) qui narre l’épisode où ces astronomes venus d’Orient, guidés par une étoile, viennent rendre hommage au « roi des Juifs » né à Bethléem et lui apporter de magnifiques présents (or, encens et myrrhe), les mages n’y sont pas encore rois, et l’évangéliste ne nous dit pas combien ils sont, ni comment ils se prénomment. C’est au IIIe siècle sous la plume de Tertullien, et par référence à l’Ancien Testament, que ces astronomes orientaux deviennent des rois, et sous celle d’Origène que leur nombre est fixé à trois1. En revanche, ce n’est qu’au IXe siècle qu’apparaissent pour la première fois le nom des Mages dans le Liber Pontificalis2.
Dès lors et en relation avec le symbolisme du chiffre Trois, chiffre hautement important dans nombre de religions et notamment dans le christianisme, les mages devenus rois vont peu à peu, au cours du haut Moyen Age, devenir une métaphore des trois âges de la vie formulés pendant l’Antiquité classique : jeunesse (innocence), âge adulte (maturité) et vieillesse (sagesse). Cette idée symbolique est traduite en image dès le Moyen Age central et perdure largement pendant l’époque moderne et même au-delà.
Au début, c’est essentiellement la forme et la couleur de la barbe ou son absence qui permet de distinguer les trois âges : le plus jeune, Gaspard, est ainsi imberbe (souvent les cheveux mi-longs et blonds), Balthazar dans la force de l’âge affiche une barbe généralement brune, courte et taillée tandis que le mage âgé, Melchior, la porte longue et blanche. Puis plus s’approche la fin du Moyen Age et que point la Renaissance, la différence d’âge entre les Rois mages est marquée par un travail sur les traits du visage.
Ce symbolisme que recouvre la représentation des trois Rois mages est particulièrement visible dans l’épisode biblique de l’Adoration des Mages, une des scènes les plus populaires de l’iconographie chrétienne. Ainsi, sur la miniature de la Légende dorée de Jacques de Voragine3 conservée dans le fonds ancien de la Bibliothèque universitaire de l’UCO, les Rois mages vêtus de costumes royaux adorent l’enfant Jésus placé sur les genoux de sa mère, devant l’étable où il est né. Selon un rituel codifié dans l’iconographie occidentale dès le Moyen Age central, ils sont représentés, rendant hommage à l’Enfant, du plus âgé au plus jeune. Au premier plan, Melchior, dont on distingue la barbe et La légende dorée de Jacques de Voragine. Image extraite du Folio 32v. Bibliothèque UCO les cheveux blancs, est agenouillé en prière devant l’Enfant, son couvre-chef déposé en signe d’humilité. Au deuxième plan, à gauche, Balthazar, cheveux bruns tout comme sa barbe, pointe du doigt le calice qu’il tient alors que le jeune Gaspard, à droite, nous montre les rayons dorés de l’étoile divine ayant conduit leurs pas.
Les Rois mages sont des figures bibliques au symbolisme complexe et pluriel, un symbolisme dont témoigne l’iconographie chrétienne. A partir du XVe siècle, à la faveur de l’interprétation médiévale qui faisait également des Rois mages les symboles des trois parties du monde et donc une image de l’humanité réunie au pied de Jésus, fils de Dieu, on voit ainsi apparaître dans l’art renaissant la représentation d’un mage noir, témoin des échanges accrus dans une Europe qui s’ouvre au monde, un mage dont la couleur cherche également à renforcer le principe d’universalité de l’Epiphanie.
Nathalie Le Luel