Hommages à André Caquot
Textes extraits de L'œuvre d'un orientaliste, André Caquot (1923-2004). Textes réunis par Jean Riaud et Marie-Laure Chaieb, 2010.
{ André Caquot aura été le dernier sémitisant et il n’y en aura point d’autre }
« On peut dire aujourd’hui qu’André Caquot aura été le dernier sémitisant et qu’il n’y en aura point d’autre, qui soit à même de maîtriser avec un tel bonheur le monde des Sémites occidentaux, d’Ougarit à Qoumrân et à l’Éthiopie et, plus largement, du panthéon des Amorites de Mari et de la prosopographie palmyrénienne aux amulettes mandéennes parcourant avec une égale aisance le Proche-Orient depuis le début du IIe millénaire anno Domini.»
Pierre Bordreuil, directeur de recherche émérite au CNRS et membre du Laboratoire des études sémitiques anciennes du Collège de France
{ il accompagnait ses étudiants dans la découverte d’un monde professionnel }
« Outre son œuvre scientifique, je tenais à souligner en introduction qu’à mes yeux, André Caquot assurait plus qu’une initiation aux sciences religieuses, il accompagnait ses étudiants dans la découverte d’un monde professionnel. Ainsi, il me présenta à Mireille Hadas-Lebel, professeur à l’université de Paris IV, en vue de poursuivre mes études en DEA puis en doctorat. »
David Hamidovic, professeur à l’Université Catholique de l’Ouest
{ le plaisir de transmettre son savoir aux nouvelles générations }
« Je voudrais […] dire l’honneur que je ressens d’être, ici, à Angers, dans une université où il a enseigné plus de dix ans simplement « pour le plaisir » de transmettre son savoir aux nouvelles générations. […] Je sais par expérience que, autant il détestait les charges purement administratives et trouvait généralement le moyen de s’en décharger sur d’autres, autant il aimait enseigner. »
« André Caquot ne mettait pas en avant ses connaissances dans le domaine de l’épigraphie ; cela ne l’empêchait pas d’être capable de lire au premier coup d’œil bon nombre d’inscriptions sémitiques, lorsqu’elles étaient lisibles. »
André Lemaire, professeur à l’École Pratique des Hautes Études et correspondant de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres
{ le plaisir de transmettre son savoir aux nouvelles générations }
« Que le souvenir de ce Maître incontesté des études hébraïques, de ce grand érudit, de ce savant, de cet homme de bien, de cet ami fidèle, soit une bénédiction. Amen. »
René-Samuel Sirat, Grand Rabbin de France
{ Refaire le trésor qu’il avait amassé dans sa mémoire est une tâche impossible }
« Son collègue au Collège de France, Roland Barthes a écrit : « Chaque fois qu’un homme de culture disparaît, quelque chose s’éteint à jamais : le trésor qu’il avait amassé dans sa mémoire, il faudra de nouveau le refaire. Le savoir transcendé par la culture affective est intransmissible. » Avec André Caquot, c’est un regard qui s’en est allé, et un enchantement de l’intelligence, fondé à la fois sur une grande honnêteté intellectuelle et sur une splendide générosité. Refaire le trésor qu’il avait amassé dans sa mémoire est une tâche impossible. En revanche, il appartient aux jeunes étudiants qu’il a formés, avec tous les instruments qu’il leur a légués, sa riche bibliothèque, de poursuivre l’exégèse historique et critique de la Bible. »
Jean Riaud, historien des religions, ancien professeur de l’Université Catholique de l’Ouest